Camille Henrot Lancer le diaporama : 22 photos

Du Nouveau Monde à l’Autre Monde

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Cynopolis, 2009 Film super 8 et dvcam, projecteur, 10 minutes

Camille Henrot est une jeune artiste née en 1978, qui expose en ce moment même dans DYNASTY au Palais de Tokyo/ Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et à la Fondation Louis Vuitton avec l’architecte Odile Decq, dans un accrochage appelé Perspectives (4 juin-5 septembre 2010, Espace Culturel Louis Vuitton, 60 rue de Bassano, 75008 Paris). Elle est défendue par la galerie Kamel Mennour, où elle présenta sous le titre « Egyptomania » un ensemble d’œuvres en 2009 (galerie Kamel Mennour, 11 mars-25 avril 2009).

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Espèces menacées, durites usagées et acier, 24 pièces, 2009-2010

Certaines œuvres exposées chez Kamel Mennour sont présentes chez Vuitton : la vidéo Cynopolis (2009) par exemple, qui présente un montage d’images prises autour de la pyramide de Saqqarah en Egypte, des images en quelque sorte « au ras du sol » concentrées sur l’errance des chiens qui fouillent dans les poubelles et les sacs plastiques, et dont l’existence côtoie celle des chiffonniers. La pyramide, du haut de laquelle « 40 siècles… », etc, est à peine visible : l’Egypte apparaît comme un monde en train de s’effriter dans les déchets, le sable qui vole et la suggestion d’un autre royaume, celui des marges animales et humaines de cette société – et par ricochet, de la nôtre. Nul réalisme ou effet documentaire dans cette vidéo : il s’agirait plutôt d’un autre rêve.

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TEVAU 2009 Lance incendie, bois, corde, métal 120 x 150 cm Vue de l’exposition “Égyptomania”, Kamel Mennour, 2009 Photo Marc Domage Courtesy the artist and kamel mennour, Paris

L’accrochage de la fondation Vuitton est marqué entre autres par trois ensembles dont l’un touche au monumental. Les 24 pièces, « sculptures », d’Espèces Menacées (2010) sont composées d’acier et de durites et évoquent, pour faire bref, l’art dit « premier » - fétiches, sculptures cultuelles ; Prix du danger (2010) forme un ensemble de trois ailes d’avions dont le fuselage est découpé de motifs mélanésiens et celtiques – on pense à de grands totems ; et enfin, Tableau de Navigation (2010) présente sous la forme d’un radiateur un réseau de lignes qui s’inspirent des cartes de navigation mélanésiennes.

Mythologie sauvage

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Tableau de navigation, cuivre, thermostat, chauffe-eau, 2010 (c)Camille Henrot

Vous commencez peut-être à percevoir, de l’Egypte à la Mélanésie, ce qui semble à première vue faire le cœur du travail de Camille Henrot : la référence anthropologique. Référence à des civilisations perdues, primitivisme dans une version 21ème siècle qui s’est nourrie de Lévi-Strauss et qui sait qu’en allant chercher des formes, on rencontre aussi l’altérité d’autres civilisations ; voire que c’est cette altérité qui est féconde et intéressante pour le plasticien. Ainsi la référence se double d’une grande révérence, et Camille Henrot semble constituer son travail selon un système de rencontres contrastées entre formes d’ailleurs et matériaux occidentaux, particulièrement issus du monde industriel, selon cette « tradition » occidentale bien attestée au 20ème siècle de l’objet trouvé ou de rebut comme trace civilisationelle, de dada au surréalisme et au Nouveau Réalisme, et qui vient percuter d’autres civilisations. L’aile d’avion devient totem, la durite fétiche.

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King Kong Addition, (2007) Installation Vidéo projection sur un écran, 4 enceintes Edition de 5 + 2 E.A Oeuvre produite avec le soutien du groupe Première Heure

L’objet Teveau (2009) pourrait à lui seul rassembler ces processus et faire office de manifeste esthétique. Il s’agit en effet d’une lance d’incendie disposée de façon à figurer l’infini, qui peut se dérouler dans les deux sens mais pas sans torsion, et dont le titre renvoie à un objet mélanésien qui symbolise l’échange lors de transactions importantes comme le mariage. Cet objet évoque ainsi un troc infini, qui correspond à ce qui se passe dans les rencontres entre les sociétés, et que montre Camille Henrot dont le travail peut apparaître comme un « troc » conscient, d’une lecture à l’autre, d’un monde à l’autre. Dans son livre Formes de l’intention (1991), l’historien d’art anglais Michael Baxandall décrit justement le rapport souple, fluide et libre entre l’artiste et sa culture (ici, la dite culture s’est étendue au monde) comme un « troc ». L’artiste est au marché : il a le choix dans une certaine sphère culturelle, dans un espace-temps donné, mais au sein de celle-ci il peut piocher et reçoit en échange des bénéfices (de nouvelles idées, de nouvelles formes, mais aussi la reconnaissance). Camille Henrot met en abyme dans son travail cette situation de l’artiste au monde.

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SPHINX 2009 dessins, aimants, plaque de toles zinguées ( vue de l’exposition "pour ne pas mourire une seconde fois ") Courtesy l’artiste et Kamel Mennour, Paris.

Elle construit donc une figure d’artiste bricoleuse au sens où l’emploie Lévi-Strauss dans l’introduction à la Pensée Sauvage. Elle est à la fois l’ethnologue qui se renseigne sur les autres ères culturelles, et la « sauvage » qui bricole avec des formes et des concepts et crée un sentiment d’étrangeté né de leur assemblage – mais son « univers clos » s’étend au monde entier. Ainsi, Camille Henrot, des péplums retravaillés dans SCOpe (2005), qui métamorphose Les Nouvelles Aventures d’Ali Baba (1962), un film hollywoodien d’un orientalisme totalement kitsch, de King Kong Addition (2007), qui additionne sans jamais réussir à l’effacer des images du singe mythique, au dessins intitulés Sphinx (2009), qui répètent inlassablement cet archétype dans un style enfantin et « brut », le travail des mythes est partout.

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Le Nouveau Monde (2007) Co-production Collections Saint-Cyprien, Musée des Beaux arts de Bordeaux, galerie kamel mennour Scenographie Alexis Bertrand Le Nouveau Monde (2007) Co-production Collections Saint-Cyprien, Musée des Beaux arts de Bordeaux, galerie kamel mennour Scenographie Alexis Bertrand

A ce titre, plus peut-être que les arts plastiques, c’est l’architecture qu’il faut convoquer : forme symbolique prenant en charge l’espace tout entier et le façonnant, marquée par la rigueur et la nécessité de la construction, on peut peut-être voir dans l’intérêt que porte Camille Henrot au travail de Yona Friedman, et qui permet en quelque sorte chez elle le passage de la vidéo « intime », chez une artiste qui a d’abord réalisé des vidéo-clips puis des « vidéos », à l’installation dans l’espace, le signe de la recherche d’une autre énergie qui permette un plus grand déploiement. A Saint-Cyprien, elle expose ainsi en 2007, Le Nouveau Monde, un ensemble de photographies disposées dans l’espace qui sont des prises de vue de l’appartement de Yona Friedman.

Mais c’est ici que peut-être il serait intéressant d’adopter un autre point de vue sur le travail d’Henrot : et en effet, ce processus de troc et de bricolage, ce grand assemblage architecturé de références est la partie visible de l’iceberg : c’est ce qui saute aux yeux, et c’est ce qui fait le cœur du discours de l’artiste. Mais à aucun moment le fait de lister des références ne peut venir mettre en lumière les qualités plastiques et imaginaires de ce travail : de quoi parlent ces mythes ? que composent ces architectures spatiales ? quel problème plastique se pose Camille Henrot ? Il faut un moteur qui convertisse la référence en forme et qui cristallise le savoir en événement plastique. Là-dessus, Camille Henrot se tait, ou presque ; et là commence le travail du critique.

L’amour et la mort

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EGYPTOMANIA 2009 DVD, loop 20min Courtesy the artist and Kamel Mennour, Paris OBJETS AUGMENTES, objets trouvés, enduits de terre, goudron, 2010, courtesy de l

Pourquoi est ce que j’aime le travail de Camille Henrot ? qu’est ce qui apparente ces œuvres ?
Je voudrais d’abord souligner que la référence ethnologique, celle du savoir positif et solide, entre dans son travail dans une tension très fascinante avec quelque chose de l’ordre, non pas d’un monde autre (altérité d’une autre civilisation), mais d’une évanescence, ou d’une précarité. Ainsi, il faut bien regarder Cynopolis en oubliant une seconde les écrits des ethnologues et l’importance de l’Egypte ancienne pour un Picasso : Cynopolis est tourné dans une nécropole ; l’être humain, le chiffonier est doublement marginal par rapport au tourisme qui entoure la pyramide et par rapport à ce qui, comme le dit le titre, apparaît comme un monde animal, celui des chiens, de cette ville de chiens. Aux pierres multimillénaires viennent se « heurter » les sacs plastiques qui flottent dans l’air. Une série de Hauts-reliefs (2009) matérialise cette tension et représente des sacs plastiques moulés : dans le grès et le plâtre, ce n’est plus l’image filmée du sac plastique qui est donnée à voir mais l’empreinte, la trace de cet objet déjà fuyant. La série de diapositives Egyptomania (2009) fait se succéder des images de bibelots pour touristes kitsch, c’est-à-dire en toc, qui ne dureront pas, et sont en quelque sorte jetables : et le choix de la forme diapositive matérialise cette idée d’un objet « prêt à consommer » visuellement et sur lequel on ne fait que « jeter » un regard.

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OBJETS AUGMENTES, objets trouvés, enduits de terre, goudron, 2010, courtesy de l’artiste et de Kamel Mennour, Paris

Les choses meurent dans l’univers de Camille Henrot. Ainsi, à la fondation Vuitton, le bel ensemble des Objets Augmentés (2010) thématise une disparition, celle de ces formes et objets de consommation propres à nos civilisations, sous une couche de goudron sombre, noire et visqueuse qui les fait basculer dans l’informe. L’accumulation évoque un cataclysme, une marée noire qui aurait envahi jusqu’à nos intérieurs. Une œuvre frappante ouvre en ce moment l’exposition de l’espace Vuitton : Arrivals/ Departures (2010). Sur deux moniteurs vidéo figurant les panneaux d’arrivée et de départ d’un aéroport, se succèdent sur l’un une liste de destinations et de villes qui n’existent plus, qui ont disparu, et sur l’autre des villes nouvelles sorties du sol des soixante dernières années. Evidemment, on peut faire une lecture ethnologique de cette pièce, et évoquer les civilisations perdues – mais si cette œuvre fascine, c’est parce qu’elle thématise et explore l’univers de la disparition, de ce qui n’est plus – et serait-ce pour cette raison que Camille Henrot s’intéresse à ces autres civilisations précaires, menacées par l’Occident ? D’où viennent ces ailes d’avions fétiches, ces durites, ou les roues de camion, de bicyclettes et de chaînes du lustre Energeia Akinesis (2010) sinon de carcasses industrielles ?

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ARRIVALS/DEPARTURES, structure porteuse en tube acier, 2 moniteurs 34 pouces, 2 lecteurs DVD, boucle video de 50’, 2010, courtesy de l’artiste

La mort est en fait omniprésente dans le travail de Camille Henrot. Et si dans ses Légendes Dorées (2010), les saints font du yoga (une activité qui fait figure de cargo-culte européen), ce sont des saints martyrs – et zen ?

Pour autant le travail de Camille Henrot présente une facture solide et détient une forte présence physique. Le risque de mort et de disparition ne fait pas l’objet d’une représentation évanescente et mélancolique : des villes nouvelles sortent bel et bien de terre dans Arrivals/ Departures. Autre tension entre figuration, disparition, résurrection : en 2009, Camille Henrot achète sur e-bay un document intitulé « Collection Préhistorique », volé en 1968 au Musée National du Bardo (Tunisie) : ce document présente des photographies de silex, des pierres déjà disparues et retrouvées grâce à l’archéologie. Camille Henrot intervient à l’aquarelle sur ces images, les colore et les relie de traits noirs, comme pour leur redonner une forme de vie ; elle les réactive. Dans Dynasty, deux sculptures se répondent et évoquent ce travail de réanimation réalisé avec les photographies du Bardo. Elles représentent deux assiettes gigantesques que l’on aurait cassées et dont on aurait recollé autrement les morceaux, pour en faire des sculptures, à grand renfort de mastic et de colle, et de ciment. Les choses se cassent mais l’imaginaire est assez fort pour les replâtrer et les ressouder, éventuellement autrement, en leur donnant une autre forme.

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LEGENDES DOREES, 20 gravures sur papier, technique pointe sèche sur zinc, 58x71x4 cm, 2010, courtesy de l’artiste et Kamel Mennour, Paris SILEX 2009 Photographie noir & blanc rehaussée à l’aquarelle 60x80 cm. Courtesy the artist and kamel mennour, Paris.

Au centre Le Lait à Castres en juin dernier, des meubles bourgeois en bois destinés au marteau du commissaire priseur ou à la benne se retrouvaient attachés à des arbres par des cordes, cow boys surpris par de sauvages indiens (Les Otages, 2009), et tout attachés qu’ils étaient, semblaient tout d’un coup animés, grâce peut-être à leur disposition inhabituelle, ou à leur proximité avec une nature, elle, bien vivante.

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Et en effet, je voudrais pour finir souligner que le travail de Camille Henrot est puissant aussi parce qu’à cette mort des choses, il oppose énergiquement la force du fantasme et une confiance dans l’immensité de l’imaginaire, dans la mesure où celui-ci se soutient sur la puissance des pulsions, primaires et animales.

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SILEX 2009 Photographie noir & blanc rehaussée à l’aquarelle 60x80 cm. Courtesy the artist and kamel mennour, Paris

Cette exploration de la vibration de la pulsion est essentielle à l’origine du travail de Camille Henrot, dans ses premières productions vidéo et dans l’importance de la musique qui rythme son processus créatif. A l’espace Louis Vuitton est visible sCOpe, un travail de compression et de dilatation de films de péplum ; Camille Henrot dit que ce qui l’intéresse dans le film de genre tient au fait que le cinémascope absorbe le spectateur dans une image et un son qui le rendent perméable au pulsions primaires, sexuelles, violentes, qui sont explorées par ce type de cinéma. Travailler sur le film en le déformant, et en se concentrant sur les scènes qui laissent le plus libre cours à ces pulsions, c’est les mettre en valeur, les faire ressortir, prendre conscience de leur prégnance. De même, 40 ans après Fuses de Carolee Schneemann, Camille Henrot réalise en 2005 le film Deep Inside : elle intervient en formant des dessins à l’encre noire sur une pellicule de film pornographique, toujours dans ce jeu avec les pulsions primaires – et peut-être aussi introduisant une composante de genre dans ce « film de genre » très genré, destiné à un regard masculin, puisqu’elle perturbe la pulsion scopique masculine à laquelle est destiné ce type de film, sans pour autant introduire une main essentiellement féminine : les formes noires entre dans un jeu de dissimulation ou de soulignement des scènes et des corps, figurant ici des mains touchant des parties du corps, là un visage géométrisé aux yeux exorbités – celui du spectateur fasciné ?

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sCOpe, (2005) Vidéo 3’ Son : Benjamin Morando Édition de 5 + 2 E.A.

Le film devient « autrement » érotique. Cynopolis quant à lui traduit en un sens la possibilité d’une animalisation, représentant un genre de société animale.

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Deep Inside (2005) vidéo, feutre sur pellicule 7’ Musique composée par Benjamin Morando Chanson écrite par Nicolas Ker et Camille Henrot Édition de 5 + 2 E.A.

« Nous nous sommes tant aimés » est le titre d’une exposition montée à Saint-Cyprien en 2008 avec le concours de la galerie Kamel Mennour, qui rassemblait entre autres, outre Camille Henrot, Adel Abdessemed, Nobuyoshi Araki, Virginie Barré, Larry Clark, Claude Closky, Nan Goldin ou Andres Serrano. Dans le catalogue de l’exposition de l’espace Louis Vuitton actuellement, Camille Henrot déclare dans un interview à propos des échanges civilisationnels parfois violents que « le malentendu est la source de la haine mais aussi du sentiment amoureux ». Cette comparaison est très sérieuse ; c’est de fièvre et de passion amoureuse qu’il est question aussi dans ce travail, et non tant d’érudition : Courage mon amour ! est le titre d’une de ses premières interventions sur pellicule, dans un esprit de cinéma expérimental à la Stan Brakhage. Camille Henrot explique très simplement le projet de ce film sur son site internet : "Tel un fétiche le film tente de répondre à cette question : comment faire durer l’amour (et la vie) éternellement ?" - "(et la vie)". Et le titre de son installation dans DYNASTY est bien Dear survivor, let it be known that you are not alone (2010).

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Courage mon amour ! (2005) Vidéo, pellicule 35mm, cheveux 3’ , boucle Musique Florencia di Concilio Edition de 5 + 2 E.A. Produit avec l’ aide de la FNAGP
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LES CAGES 2009 cages en fer et en bois, dimension variables ( vue de l’exposition "pour ne pas mourire une seconde fois ") Courtesy l’artiste et Kamel Mennour, Paris. Sur le départ, 2010 Impression jet d’encre contrecollée sur aluminium et encadrée 170 x 108 cm Courtesy de l’artiste / Galerie Kamel Mennour, Paris

Il est possible que ce qui intéresse Camille Henrot, ce ne soit pas les autres civilisations seulement, et d’ailleurs elle se moque un peu de cette ethnologie qui ne recherche que l’exotique, mais ce qui est étranger, disons l’altérité, en un sens très vaste, ce qui me décentre et me pulse, l’étranger hors de moi, cet homme ou cette femme que j’aime, l’étrange en moi, cet animal, la puissance fantasmatique de mon imaginaire, autant de choses qu’il faut que j’incorpore et considère, et vite, parce qu’elles risquent de disparaître comme toutes choses, et que si je me les incorpore bien, je prolongerai leur existence, et les « augmenterai », Pour ne pas mourir deux fois : cette formule du Livre des Morts de l’Egypte Ancienne était le titre de l’exposition de Camille Henrot à Castres. Dans ses Notes, elle dit de ses Hauts-Reliefs qu’ils sont en relation avec la civilisation égyptienne : « comme dans cette dernière, où tout était pensé pour survivre au temps et prolonger la vie dans une éternité statique, le sac plastique est ici voué à survivre dans sa forme ». L’installation Sanctuaire (2010) présente elle un maïs cerné par un dispositif cinématographique ; les références sont nombreuses (uniformisation des espèces, un roman de Faulkner où un épi sert à accomplir un viol) mais l’essentiel tient au contraste entre ce végétal qui de toute façon va mourir et cette présentation théâtrale qui lui donne une forme de pérennité fragile à la Marylin, celle d’une star cernée par les paparazzi.

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Sur le départ, 2010 Impression jet d’encre contrecollée sur aluminium et encadrée 170 x 108 cm Courtesy de l’artiste / Galerie Kamel Mennour, Paris Vue de l

Ainsi dans cette énergie déployée contre la mort des choses et des êtres, l’œuvre de Camille Henrot offre un arrière-goût inquiet d’éternité.

Site de Camille Henrot
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Site de la galerie Kamel Mennour

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Vue de l’exposition à l’espace Louis Vuitton (c)Charles Duprat
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